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L’infini m’a toujours fascinée, particulièrement l’idée et l’observation du ciel qui nous transportent dans un lieu que nous ne pouvons ni maîtriser ni régir, nous laissant ainsi libre face à notre imaginaire et nos rêves.

J’ai étudié la Broderie Haute-Couture chez Lesage. Après avoir passé quelques années à voyager sans but, à la recherche de Quelque chose, j’ai découvert le Temps et tentai de l’apprivoiser, ralentissant mon travail de Vidéaste à Brodeuse D’Art.

La lenteur requise pour achever une pièce fait partie de ce qui m’attira. À notre époque où se succèdent les instantanés, il semble incongru de passer deux, trois voire dix mois à réaliser une image. Bien qu’attirée par l’idée d’une construction lente, il fut très difficile au début de ne pas avoir de résultat immédiat, ne pas pouvoir effacer une erreur en un clic et devoir attendre des jours voire des semaines pour en visualiser une partie.

Peu à peu, j’ai appris à me recentrer; appris la lenteur du passage de l’idée à sa réalisation, découvert l’apaisement des tâches répétitives, les facettes des matériaux, leur luminosité et couleurs, l’attention qu’impose la minutie.

A présent la lenteur me permet de réfléchir sur l’infini tout en m’aidant à apprivoiser l’inconnu.

A notre époque le temps est compressé, personne n’en n’a, personne ne le prend, tout le monde le subit. J’aimerais ainsi proposer une autre approche du temps (ancestrale mais qui n’a plus cours), plus approfondie. Avancer avec le temps et non contre la montre. Une pièce du cosmos ne peut se réaliser en une semaine ou un mois. Travailler sur l’infini, l’invisible ou l’inconnu, comme chaque discipline artistique, demande un temps inconnu.

Retravailler une partie implique un travail sur la ‘destruction’ avant de reconstruire; pas de découpe hâtive, de coups de ciseaux énervés. Chaque perle se retire de la même façon qu’elle a été déposée, à la main, une à une.
Prendre le temps de l’erreur et l’intégrer au résultat est de nos jours anachronique.

Du point de vue esthétique, la lumière constitue la base.
Les termes vastes voire abstraits que sont le temps et la lumière constituent l’essence de mon travail.

La lumière exposant un objet définit simultanément le vide qui l’entoure, révélant par éclats sa présence. Si le temps altère la réalité des étoiles, la lumière stabilise leur existence. Les différentes facettes des perles sequins et cristaux réfractent un faisceau de lumière en multitude d’éclats que l’on ne peux plus analyser et que l’on accueille tel le scintillement des étoiles. Cette lumière éphémère, rapide et fragmentée évoque la vie et l’extinction des étoiles de l’univers.

Passer des années à réaliser une œuvre durable sur l’éphémère m’inscrit dans l’ironie du temps.